Chaque trimestre, l'AVÉQ se penche sur les données d’immatriculations produites par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour tracer un portrait de l'évolution de l’électromobilité au Québec. Grâce aux outils que nous avons développés et à une analyse approfondie des résultats, nous dégageons des tendances qui permettent d’éclairer aussi bien le grand public que les organisations et les autorités impliquées dans la transition énergétique. Bonne lecture!
En termes absolus, l’augmentation des immatriculations en 2025 (+64 038) se situe entre celles de 2022 (+41 993) et de 2023 (+81 550). C’est plutôt en termes relatifs que le bât blesse. En effet, 2025 aura connu, de loin, la plus faible progression d’immatriculations (+17,09%) depuis 2014. Le résultat le moins élevé entre 2014 et 2025 avait été constaté en 2022, avec «seulement» +32,65%.
Données du Canada au sujet des ventes de VÉ au Québec
Rappelons que ces résultats étaient quand même prévisibles compte tenu de la réduction des incitatifs provinciaux de 7000$ à 4000$ à la fin de 2024 et de la fin abrupte des incitatifs fédéraux au début de 2025. Avec 18,12% au 3e trimestre de 2025, on obtient un résultat légèrement inférieur au 3e trimestre 2023, alors que 20,79% de VÉ et hybrides rechargeables s’étaient vendus. L’annonce récente du gouvernement fédéral concernant le retour des incitatifs dès février 2026, pour un montant maximal de 5000$, aura certainement un effet bénéfique au cours des prochains mois.
Progression des 100% électriques
Les hybrides rechargeables continuent de progresser un peu plus rapidement que leur poids historique. En effet, leur progression de 32,56% sur le trimestre est supérieure à la nouvelle répartition cumulative de 29,33% hybrides rechargeables contre 70,67% de 100% électriques.
Objectifs gouvernementaux
La stabilité des incitatifs et des objectifs est un élément clé pour assurer un progrès constant dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’électrification des transports, comme l’ont démontré positivement la Chine et la Norvège, et moins positivement les États-Unis. Au moment d’écrire ce texte, le gouvernement du Québec publiait toujours sur son site les cibles officielles suivantes :
- 2 millions de véhicules électriques au Québec en 2030
- 65% des autobus scolaires électrifiés en 2030
- 55% des autobus urbains électrifiés en 2030
- 40% des taxis électrifiés en 2030
- 100% des véhicules automobiles et des camions légers neufs vendus en 2035 devront être électriques
Or, par le biais d’un communiqué publié le 26 septembre 2025, le gouvernement du Québec a annoncé les modifications suivantes aux cibles :
- L'objectif de 100% de véhicules zéro émission en 2035 est remplacé par une cible de 90%, combinant VÉ et véhicules hybrides rechargeables (VHR).
- Les cibles annuelles de ventes de véhicules électriques d'ici 2035 seront aussi allégées.
Depuis, aucun détail n’a été dévoilé, et nous ne savons pas non plus si les fabricants ont atteint les cibles allégées et non publiées de 2025. C’est donc une histoire à suivre.
Plateformes des différents partis provinciaux
En cette année électorale, il convient de regarder ce que les principaux partis en lice offrent en matière d’électrification des transports.
Du côté du Parti Québécois, le document «Projet National» indique que «le Parti Québécois aspire à […] améliorer les transports existants en: accélérant l’électrification des transports, autant individuels que collectifs, notamment en développant une filière industrielle de véhicules électriques de tous les types.»
Quant au document «Les valeurs libérales et le Québec moderne» du Parti libéral, il ne fait aucune mention de véhicules électriques ou de mobilité. Il faudra donc attendre leur nouveau chef pour en savoir plus.
Finalement, dans la rubrique «Pour un avenir vert» de son site web, Québec Solidaire indique que «pour réussir la transition écologique, Québec solidaire va : investir massivement en transport en commun en priorisant les régions les moins bien desservies ; financer un fonds d’adaptation climatique pour mieux se préparer aux événements météorologiques extrêmes en rapatriant les subventions fédérales aux pétrolières [...]».
Il n’y a aucune mention d’électrification des transports ou autres initiatives pour réduire les émissions de GES, bien que maximiser les transports en commun génère un effet bénéfique.
Espérons que le début de la campagne dans les prochains mois va non seulement permettre aux partis principaux d’établir une position claire au sujet de l’électrification des transports, mais également qu’un consensus se développe sur le besoin d’accélérer son implantation.
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Recherche et analyse : Frédérick St-Laurent
Rédaction : Robert Drolet
Édition et révision linguistique : Annick Vigeant
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