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Montée des VÉ Chinois : Nouvelle entente Canada-Chine et statistiques de ventes

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Grâce à l'accord commercial conclu aujourd’hui, de nouveaux VÉ abordables viendront éventuellement alimenter l’offre disponible.

Par : Robert Drolet, collaborateur de l'AVÉQ 
 
Cette série de 5 articles est publiée à l'occasion de la visite de Mark Carney en Chine à la mi-janvier, qui visait à discuter des façons d’améliorer les relations entre les 2 pays, notamment en établissant des canaux de communication et des liens personnels. Dans le détail, ce voyage mettait l’emphase sur le développement des liens économiques ainsi que sur l'atténuation des différends commerciaux, comme les barrières tarifaires entre les 2 pays. Le but de cette série d'articles est d’examiner les possibilités, au-delà des discussions de tarifs, d’importer ou d'assembler au Canada des véhicules électriques (VÉ) chinois intéressants afin d’augmenter l’offre de VÉ et de diminuer les prix d’achat. 

 

 

Enfin des VÉ chinois au Canada 
La visite diplomatique de Mark Carney aura porté fruit: grâce à un accord sur les droits de douane, le Canada a promis d’abaisser ses barrières tarifaires de 100% à 6,1% pour favoriser l’entrée annuelle sur le marché canadien de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine, soit un retour au nombre de VÉ qui était importé avant le début des tensions commerciales. 

Contrairement à ce qui a été rapporté dans certains médias, cependant, ce n’est pas nécessairement demain que nous verrons les prix baisser sur le marché. L'entente prévoit que, d’ici cinq ans, plus de 50 % de ces 49 000 VÉ seront abordables, avec un prix à l’importation inférieur à 35 000 dollars. On a donc de quoi se réjouir à long terme, mais ce n’est peut-être pas dans les prochaines semaines ni dans les prochains mois qu’on verra BYD faire son arrivée au Canada.  

L’accord préliminaire prévoit également des investissements au Canada dans des coentreprises avec des partenaires de confiance chinois pour développer la chaîne d’approvisionnement canadienne de VÉ. Avant, c’était plutôt la Chine qui exigeait que les compagnies de fabrication automobiles étrangères établissent des coentreprises avec des compagnies chinoises. Cette contrainte avait par ailleurs été retirée pour amener Tesla à établir une usine de fabrication à Shanghai, qui a livré ses premiers véhicules en 2019, ce que nous verrons dans le prochain article de cette série.    
 
VZÉ = VNÉ 
Avant de passer aux statistiques, précisions que, alors que le Québec a sa loi au sujet de véhicules zéro émission (VZÉ), la Chine désigne quant à elle les VÉ, les véhicules hybrides rechargeables (VÉHR) et les véhicule à autonomie étendue (VÉAÉ) comme des «véhicules de nouvelle énergie (VNÉ)». 

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Ventes de véhicules légers 
​Avant de s'intéresser aux VNÉ spécifiquement, commençons par examiner les ventes de véhicules légers en Chine par rapport aux ventes de véhicules légers dans le reste du monde. Sachez qu’il y a plus de fabricants de voitures légères en Chine qu’il y a de modèles VZÉ disponibles au Canada. 

Comme on peut voir, le marché chinois est le plus grand au monde. C‘est d’ailleurs le cas depuis 2009. Le volume de ventes dans l’Empire du Milieu est désormais presque deux fois plus élevé que celui des États-Unis. En fait, 35% des véhicule légers vendus dans le monde en 2024 l’ont été en Chine. C’est pour cette raison que les fabricants de véhicules légers de partout dans le monde ont établi depuis 40 ans des coentreprises en Chine pour y commercialiser des voitures, VUS et camions légers. Nous y reviendrons dans un prochain article.  

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Exportations de véhicules légers 
​La Chine a établi une stratégie de fabrication de véhicule légers dans le but à long terme de devenir un champion mondial, avec des compagnies chinoises qui domineraient le marché. Une autre étape dans cette stratégie a été atteinte depuis quelques années puisque la Chine est désormais également le plus grand exportateur de véhicules légers au monde. 

​La domination de la Chine est moins grande en exportation qu’en achat de véhicules légers, avec une part de marché de 17%, ce qui permet tout de même au pays de surclasser les exportations de toute l’Union européenne, même avec son champion allemand. Il est important de noter que 40% des exportations sont des VNÉ. En fait, en novembre 2025, la Chine a produit environ 1 800 000 de véhicules légers VNÉ. Une partie importante de cette production a été achetée par les consommateurs locaux, mais le reste a été exporté. 

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Part de marché des véhicules de nouvelle énergie 
En termes de ventes sur le marché chinois, en novembre 2025, 59% des véhicules légers vendus étaient des VNÉ. Les véhicules à combustion, hybrides ou non, occupent désormais une part de marché de 41%, en recul de 6% sur un an. Les VÉHR et VÉAÉ occupent ensemble une part de marché de 22%, également en recul de 4% annuellement. Les ventes de ces types de véhicules ont explosé durant et peu après la pandémie, mais montrent des signes de faiblesse en 2025. De leur côté, les VÉ occupent une part de marché enviable de 37%, avec une progression annuelle de 9%. Il faut souligner que, malgré la présence de Tesla et d’autres marques étrangères, 76% des VNÉ vendus en Chine en août 2025 étaient commercialisés sous des marques locales. 
 
Part de marché des camions lourds 
Il n’y a pas que les véhicules légers VNÉ qui croissent en parts de marché en Chine. Alors que les chiffres dans la catégorie des motocyclettes, véhicules lourds et autobus électriques sont toujours assez anémiques au Canada, c’est tout le contraire dans l’Empire du Milieu. En fait, en 2025, environ 22% des 900 000 camions lourds vendus en Chine étaient tout électriques. La part de marché est en progression de 69% annuellement. Les camions au gaz fossile (appelé gaz naturel par l’industrie pétrolière) ont une part de marché de 28%, en légère régression de 3,5%. Les véhicules au diesel ont marqué la majorité de la perte en parts de marché, toujours à 50%, mais en retrait de 15%.  

Deux raisons expliquent la poussée fulgurante des camions lourds électriques en Chine. La première est le prix d’achat : entre 94 000$ et 137 000$ CDN pour un camion de type semi avec une batterie de 400 kWh ou 600 kWh. Pour l'équivalent en Europe, le prix est plutôt de 404 000$ CDN. La différence de prix s’explique en partie par les exigences des camionneurs européens pour des couchettes et espaces de vie plus élaborés, et en partie par les requis de sécurité plus sévères en Europe. Une analyse a conclu que, pour adapter un semi lourd chinois aux attentes et normes européennes, il faudrait ajouter entre 32 000$ et 65 000$ aux coûts de fabrication, donc un peu plus avec les marges. On est tout de même toujours loin des prix en vigueur en Europe. 

La seconde raison qui explique la montée en puissance des camions lourds électriques en Chine est la présence de systèmes standardisés et automatisés pour l’échange de batteries, ce qui permet de se doter d’une charge complète en moins de temps qu’il ne le faut pour remplir un réservoir de diesel. Puisque les camions n’ont pas encore une autonomie suffisante et une charge assez rapide, cette solution permet de démocratiser les camions lourds rapidement. 
 
Part de marché d’autobus électriques 
Les autobus électriques ne sont pas en reste. Ce sont 26 400 autobus électriques qui sont vendus annuellement dans le pays. Comme nous en discuterons dans le prochain article, la stratégie industrielle chinoise implique depuis longtemps l’achat de VÉ de tous genres, surtout des autobus urbains, par les gouvernements de tous les niveaux. Durant la première moitié de 2025, 96% des bus électriques urbains achetés étaient tout électriques, tandis que 2% des bus urbains étaient au diesel et qu’un autre 2% étaient propulsés par des cellules à hydrogène rechargeant des batteries.  

Il reste toutefois une frontière à conquérir: les autocars électriques, ces autobus qui circulent entre les villes, possèdent seulement 6% de marché, sans aucune progression par rapport à 2024. 
 
Part de marché des véhicules à deux roues 
La Chine produit et vend également une quantité impressionnante de véhicules à deux roues, en grande partie électriques. Leur part de marché est stable, entre 50% et 60%, depuis 2021. Le volume annuel est passé de 10 millions en 2021 à un peu plus de 6 millions en 2024, non pas parce que les motos électriques sont soudainement moins populaires, mais parce que les citoyens chinois achètent désormais moins de véhicules à 2 roues et plus de véhicules légers. 

Les fervents de vélos électriques sont au courant que l’écrasante majorité de la production mondiale est concentrée en Chine. Savez-vous toutefois qu’il y a désormais plus de 1 vélo électrique pour 4 citoyens en Chine? Cette forme de mobilité est parmi les meilleures pour la planète, avec la mobilité active et le transport en commun. 
 
Top 10 des véhicules légers vendus en novembre 2025 
Pour terminer, regardons les 10 véhicules légers de toutes formes de motorisation les plus vendus en Chine en novembre 2025, un mois assez normal de l’année. On constate que 7 d'entre eux sont des VNÉ.  

C’est un véhicule fabriqué par Wuling, une coentreprise de GM et SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation), qui mène le bal. Le Wuling Mini EV sous-compact a conquis le cœur de bien des jeunes chinois qui achètent leur premier véhicule. En novembre 2025, 56 756 Wuling Mini EV ont été vendus dans le pays, alors que la très populaire Hyundai Ioniq 5 a été écoulée à 47 000 exemplaires aux États-Unis sur toute l’année 2025. 

Vient ensuite, sans grande surprise, le VÉ Tesla Model Y, avec un peu plus de 47 000 ventes mensuelles. Un autre modèle sous-compact, le VÉ Geely Xinguan complète le podium avec 42 000 ventes.  

Il faut se rendre à la 4e place avant de trouver un véhicule thermique sous la bannière d’un constructeur historique étranger, la Nissan Sylphy. Elle est suivie par la BYD Qin plus, disponible en motorisation VÉ et VÉAÉ. Vient ensuite le VÉ Xiaomi YU7, un VUS électrique de la catégorie de la Tesla Model X. C'est seulement aux 7e et 8e places qu'on peut trouver d’autres modèles thermiques, soit les Geely Goyue et VW Sagitar. La Model 3 occupe la 9e position seulement, novembre n’étant pas un mois de pic de livraison pour Tesla. Au 10e rang, on retrouve la AITO M7, un VÉAÉ. 

Les statistiques de vente sur l’année complète de 2025 ne sont pas encore disponibles, mais en date de la fin novembre 2025, dans le top 20 meilleurs vendeurs VNÉ, seules la Tesla Model Y (3e place) et la Tesla Model 3 (10e place) sont rattachées à des constructeurs étrangers. Si on regarde le top 20 des véhicules électriques ou hybrides rechargeables/autonomie étendue les plus vendus dans le monde de janvier à novembre 2025, on retrouve 18 modèles identifiés à des marques chinoises, avec la Tesla Model Y en 1re place et la Tesla Model 3 en 3e place du palmarès. 

Dans les statistiques de ventes mondiales de VÉ, BYD a détrôné Tesla en 2025 comme premier producteur, avec une part de marché de 16,9%. Tesla possède désormais une part de marché de 11,8%, en baisse par rapport à 2024 (16,2%). Le 3e groupe, Geely, est quant à lui en forte progression et pourrait dépasser Tesla l’an prochain. Sa part de marché est de 10,6%. SAIC occupe la 4e position, avec 7,9%, et il faut arriver à la 5e position pour trouver un constructeur historique, avec le groupe VW à 7,2%. 
 
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