La fonte des glaciers et de la calotte glaciaire fait monter les eaux des océans. Ça va en s’accélérant!
SOURCE DE L'IMAGE : ADAPTÉ À PARTIR DU SITE CLIMATE.GOV
Cet article fait partie d’une série de 17. On explore l’impact des changements climatiques sur le monde et le Québec en particulier. On regarde aussi l’impact des politiques gouvernementales actuelles partout dans le monde ainsi que dans notre pays et notre province. Finalement, on décrit les politiques qui devraient être mises en place dans la belle province afin d’atteindre l’objectif établi par l’Accord de Paris de limiter le réchauffement planétaire à 2°C. Cet accord contient également un objectif agressif de limiter le réchauffement à 1,5°C après un dépassement pour une courte durée. Le lien vers les autres articles de la série se retrouve à la fin de celui-ci.
La montée des océans depuis 1880 en chiffres
Les océans prennent de l’expansion, lentement, mais sûrement, depuis le début des changements climatiques causés par l’activité humaine, principalement l’émission de gaz à effet de serre (GES) lorsqu’on brûle les combustibles fossiles, comme le charbon, le pétrole ou le gaz naturel (méthane de source fossile). Les deux causes de cette expansion sont :
- la température des océans qui augmentent et donc, le volume de l’eau qui augmente;
- la fonte des glaciers et calottes glaciaires qui augmentent la quantité d’eau sous forme liquide.
Depuis 1880, la crue du niveau moyen des océans est de 21 à 24 centimètres. Pire encore, le taux d’augmentation s’accélère. L’augmentation moyenne était de 1,4 mm par année pendant le 20e siècle. Il s’établit désormais à 3,6 mm par année pour la période entre 2006 et 2015. Les inondations liées à l’océan, lors de tempêtes et vents violents, par exemple, sont de 300 % à 900 % plus fréquentes qu’elles ne l’étaient il y a 50 ans.
La montée des océans prévue dans le futur
La vitesse à laquelle le niveau des océans va continuer d’augmenter dépend de beaucoup de facteurs. Le principal et le plus incertain est la quantité de GES que l’humanité va continuer d’émettre dans l’atmosphère. La dernière fois que les niveaux de dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) CO2 étaient aussi élevés était il y a environ 3 millions d’années, pendant l’époque pliocène. Les températures moyennes étaient alors entre 2,5 et 4°C plus chaudes qu’avant le début de la période préindustrielle. Les niveaux des océans étaient entre 4,9 mètres et 25 mètres plus élevés qu’avant le début de la révolution industrielle.
Heureusement pour l’humanité, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires, de même que le réchauffement planétaire se déroulent lentement et il faudra probablement des milliers d’années avant d’atteindre cette situation, ce qui nous donne le temps de réagir. Malheureusement pour l’humanité, il y a des points de non-retour dans la fonte des calottes glaciaires qui pourraient accélérer sensiblement l’augmentation des niveaux des océans. Ce pourrait être, par exemple, la fonte de glaciers du Groenland ou bien diverses plaques glaciaires en Antarctique. Pour l’instant, il est prévu que le niveau des océans augmentera entre 63 cm et 101 cm d’ici la fin du siècle. Ce niveau pourrait même être jusqu’à deux mètres si on tient compte des processus liés à la fonte des calottes glaciaires.
Plus spécifiquement, les Îles-de-la-Madeleine pourraient voir un niveau marin augmenter de 1,41 m à 1,60 m d’ici 2100. L’augmentation devrait être entre 80 cm et 1 mètre le long du fleuve Saint-Laurent, dans la région influencée par les marées. La montée des eaux devrait être négligeable à partir de Québec.
Quel sera l’impact au Québec de la montée des eaux?
Les Nations Unies estiment que plus de 40 % de la population humaine vit dans des régions côtières et que 12 des 15 plus grandes mégapoles du monde sont dans ces mêmes régions. Au Québec, nous sommes relativement chanceux, nos grandes villes sont situées à l’intérieur des terres. Les impacts devraient donc se limiter à nos villes avec un plus petit nombre d’habitants. Les régions du Bas-Saint-Laurent, de Charlevoix, de la Gaspésie, de la Côte-Nord et des Îles-de-la-Madeleine devront tout de même multiplier les projets de résilience pour faire face à cette situation.
Mais le Québec peut aussi être affecté par ce qui se passe à l’extérieur de ses frontières. Les chercheurs prévoient des vagues de migration massives liées à la montée des eaux et autres effets des changements climatiques. Les chiffres avancés parlent de 187 millions d’habitants, alors que d’autres prévoient 630 millions de personnes. La réalité est que personne ne sait vraiment qui va décider de quitter sa terre natale et qui décidera de rester. Certains pensent que ce sont principalement les citoyens de la classe moyenne d’un pays qui vont se déplacer, les moins fortunés n’en ayant pas les moyens et les plus fortunés étant capable de dépenser en mesure de résilience. Les États-Unis sont déjà affectés par les migrants du climat. Quand est-ce que ce sera notre tour? Espérons que nous n’aurons pas la même réaction que nos voisins au Sud.
Dans cette même série :
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