Sans que vous le sachiez, les changements climatiques vous coûtent déjà 1 400 $ chaque année!
SOURCE DE L'IMAGE : CHATGPT
Cet article fait partie d’une série de 17. On explore l’impact des changements climatiques sur le monde et le Québec en particulier. On regarde aussi l’impact des politiques gouvernementales actuelles partout dans le monde ainsi que dans notre pays et notre province. Finalement, on décrit les politiques qui devraient être mises en place dans la belle province afin d’atteindre l’objectif établi par l’Accord de Paris de limiter le réchauffement planétaire à 2°C. Cet accord contient également un objectif agressif de limiter le réchauffement à 1,5°C après un dépassement pour une courte durée. Le lien vers les autres articles de la série se retrouve à la fin de celui-ci.
Les Québécois et le climat
Une étude de la population québécoise confirme que la plupart des personnes répondantes (86 %) considèrent que le gouvernement devrait en faire davantage pour lutter contre les changements climatiques. Cependant, quand on leur demande s’ils appuient les politiques climatiques adoptées ou proposées par les gouvernements, les appuis diminuent de façon importante :
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La diminution progressive de la production de combustibles fossiles au Canada (67,8 %);
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Le remboursement d’impôts pour l’achat de véhicules électriques (65,4 %);
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Une transition vers une économie canadienne excluant les énergies fossiles (55,5 %);
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Continuer d’augmenter le prix des émissions de gaz à effet de serre — GES (comme le faisait le système de taxe carbone qui était en vigueur au Canada) afin de capturer les coûts réels de cette pollution (53,9 %);
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Développer les pistes cyclables et les transports publics, si cela implique de réduire l’espace pour les voitures (48,6 %);
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Rendre l’essence et le diesel plus chers pour nous inciter à moins utiliser la voiture (24,7 %).
L’humanité et le climat
Le problème auquel le monde fait face en ce moment est que la grande majorité est inquiète au sujet du climat et pense qu’on doit agir, mais la majorité pense également que les autres ne pensent pas comme eux. L’effort est donc concentré non pas à travailler à faire accepter des solutions qui auront un impact positif, mais à faire accepter le besoin du changement. Cette dynamique retarde le changement, car les politiciens reculent dès qu’ils sentent de la résistance, alors que la majorité de la population les soutient en principe.
Les trois meilleurs éléments pour prévoir si une action climatique obtiendra le soutien de la population sont :
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Les impacts de la politique gouvernementale, particulièrement si les personnes pensent qu’ils vont souffrir de cette politique;
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L’efficacité perçue de la politique. C’est-à-dire si c’était perçu que les émissions allaient réduire;
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Les politiques progressives ou régressives. C’est-à-dire si la politique allait nuire aux personnes moins bien nanties. Le soutien aux initiatives diminue rapidement si cette perception de dégressivité est établie.
Payer plus cher aujourd’hui afin d’économiser plus tard?
Le problème le plus important auquel nous faisons face, à mon avis, pour plusieurs solutions climatiques est le principe de payer plus cher à l’avance pour économiser au fil des années. En voici quelques exemples :
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Pour l’instant, un véhicule électrique au Canada coûte encore plus cher qu’un véhicule thermique, malgré les incitatifs. Mais, utiliser un véhicule électrique revient à 20 % des coûts d’énergie environ de ceux d’un véhicule thermique. En dix ans de possession d’un véhicule, vous allez économiser, souvent beaucoup;
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Convertir un domicile du chauffage au gaz ou à l’huile vers une thermopompe électrique coûte plus cher que de réparer. Mais, utiliser une thermopompe va réduire vos frais d’utilisation et vous permettre d’économiser sur la vie du système, de 15 ans ou plus;
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Payer légèrement plus cher nos produits de consommation aujourd’hui en raison d’une taxe carbone, par exemple, afin d’encourager les compagnies à décarboner leur chaîne de fabrication est également moins populaire;
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Même le gouvernement arrête d’acheter seulement des autobus de transport en commun 100 % électriques en raison de la facture supplémentaire à l’achat, y compris celles des infrastructures de recharge, en comparaison à l’achat d’un autobus thermique. Les économies à long terme ne semblent pas aussi importantes.
On paie tous les jours une facture pour les changements climatiques
Mais, ce n’est que regarder un seul côté de la médaille. Chaque action entreprise pour réduire les émissions de GES réduit notre facture immédiatement. D’ailleurs, le gouvernement du Canada utilise une méthode comptable pour estimer les coûts pour chaque tonne de GES supplémentaire émis ou évité. Il en coûte ainsi en 2026, mais en dollars de 2021, 275 $ la tonne de CO2 équivalent émis. Le document reconnaît que les estimations sont conservatrices, car plusieurs effets sont difficiles à estimer, comme événements météo extrêmes, augmentation d’acidité dans les océans par l’augmentation de gaz carbonique qui y est dissous, risques à la sécurité nationale, interaction entre les différents secteurs économiques. Les coûts inclus appartiennent aux catégories suivantes :
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Productivité agricole;
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Effets sur la santé humaine;
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Dommages aux propriétés à la suite des risques accrus d’inondation;
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Perturbations aux systèmes d’énergie;
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Valeurs des services reçus par les écosystèmes.
Dans notre quotidien, on peut déjà ressentir dans notre portefeuille plusieurs effets directs des changements climatiques. En voici quelques exemples :
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Le prix du café augmente plus vite que l’inflation, à un taux annuel de 27,9 % en 2025. Le principal facteur est le changement climatique, qui a augmenté les maladies et diminué les rendements. Selon Statistique Canada, le ménage moyen a dépensé 164 $ en café torréfié et moulu en 2023. Si on applique une augmentation de 27,5 %, on peut dire qu’un ménage moyen dépense 45 $ de plus par année en 2025 en raison des changements climatiques lors de leur achat de café.
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Le prix du cacao a augmenté de 136 % entre juillet 2022 et février 2024. Les changements climatiques sont encore pointés du doigt comme cause principale. Les récoltes ont été insuffisantes pendant trois années consécutives. Statistique Canada indique que le ménage canadien moyen a dépensé 119 $ en tablettes de chocolat. Le cacao n’est certes pas le seul ingrédient dans ce produit, mais les Canadiens consomment du cacao autrement que dans des barres de chocolat également. Avec l’augmentation du prix du cacao, estimons que le ménage moyen dépense 70 $ de plus en cacao en raison des changements climatiques.
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Le bœuf aussi coûte plus cher récemment. Il a d’ailleurs augmenté de 19 % au premier trimestre de 2025. Vous devinez la cause, les changements climatiques ont provoqué des sécheresses en Amérique du Nord, ce qui pousse les éleveurs à réduire leurs troupeaux. Sachant qu’en 2024, le consommateur moyen au Canada a consommé 22,97 kg de bœuf et que le prix d’un kilo de bœuf haché est passé de 10,64 $ à l’été 2022 à 14,78 $ en juillet 2025, la hausse correspond à une dépense supplémentaire annuelle pour un ménage de trois personnes de 285 $ annuellement.
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Il fait plus chaud au Québec qu’il y a plusieurs années. Avant, quand on prenait des vacances en Gaspésie ou pour faire le tour du Lac-Saint-Jean en plein été, on pouvait s’attendre à des journées clémentes et des nuits froides, sauf pendant une ou deux semaines de vague de chaleur par année. Ces trois dernières années, j’ai sillonné le Québec et je vous confirme qu’au mois d’août et juillet, on a chaud le jour et on s’endort moins facilement en camping avec la chaleur qui persiste la nuit. C’est peut-être pour cette raison que le nombre de domiciles québécois avec un air climatisé est passé de 20 % en 1998 à presque 70 % aujourd’hui. Un système d’air climatisé peut coûter 5 000 $ et plus facilement. Mais, certains me diront qu’ils possèdent un système d’air climatisé, car ils ont une thermopompe moins énergivore en hiver et que le coût d’installation du système ne devrait pas être considéré. Soit. Cependant, l’utilisation que vous faites de votre air climatisé est de l’argent qui sort directement de vos poches en raison des changements climatiques. J’ai effectué une analyse avec un outil offert par Hydro-Québec pour estimer les frais d’air climatisé. Mon analyse, qui essayait d’estimer le montant pour un ménage moyen, prévoit un montant de 158,53 $ par année. Disons que 75 % de ce montant est attribuable aux vagues de chaleur supplémentaires en raison des changements climatiques.
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Les coûts d’assurance augmentent dramatiquement au Canada en raison des événements météo extrêmes incessants. Entre 2021 et 2025, les primes d’assurance habitation moyennes ont augmenté de 31 % alors que l’inflation n’était que de 15 %. En plus, les clauses deviennent de plus en plus restreignantes avec des franchises sans cesse plus importantes, par exemple. Pour une famille qui paie aujourd’hui 2 000 $ pour assurer son domicile, on peut estimer qu’environ 200 $ sont dus aux désastres reliés aux changements climatiques des dernières années.
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De son côté, l’Union des municipalités du Québec a commandé une étude afin de déterminer quels seraient les coûts supplémentaires nécessaires pour améliorer les infrastructures et les rendre résilientes aux événements de météo extrême. Des coûts de 2 G$ annuellement de 2025 à 2055 sont prévus. Les routes locales et infrastructures d’eaux pluviales et usées seront les changements les plus coûteux. Ça représente 12 % du budget des municipalités pendant cette période. Si on prend ce montant et qu’on le divise par la population de 9 millions d’habitants au Québec, on obtient un coût supplémentaire de 222 $ par personne ou 667 $ pour un ménage de trois personnes.
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On ne compte pas ici le coût supplémentaire des biens et services que vous utilisez en raison de leurs coûts plus élevés. Je ne chiffre pas les pertes de revenus, les dépenses supplémentaires ou les souffrances accrues pour des personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires, pneumovasculaires ou respiratoires à la suite d'une exposition chronique à des taux élevés d’oxydes d’azote (NOx) ou de particules fines dans l’atmosphère à la suite de l’utilisation de combustibles fossiles. On ne comptabilise pas non plus la perte de biodiversité au Québec en partie causée par les changements climatiques. Je souligne ici seulement des liens qui affectent directement votre portefeuille chaque année.
On paie déjà une immense taxe carbone, sans nous en rendre compte!
Ce ne sont que quelques exemples de frais supplémentaires que nous payons tous chaque année parce qu’on n’agit pas assez vite pour contrer les changements climatiques. Le montant total estimé pour un ménage moyen québécois de trois personnes est de : 1 385 $ qui s’envole du portefeuille chaque année parce que la population humaine n’agit pas assez rapidement pour réduire nos émissions de GES. La prochaine fois que vous entendez parler d’une mesure visant à réduire les émissions de GES, comme une taxe carbone, dites-vous que même si vous n’êtes pas d’accord à payer cette taxe, vous le faites déjà sans vous en rendre compte!
Dans cette même série :
- Les changements climatiques, ce n'est pas grave au Québec
- Ce tapis roulant transporte de l’eau au travers du globe!
- Les océans vont monter, ils disent ça depuis longtemps…
- Le pergélisol va fondre, et puis?
- La météo extrême engendrée par les changements climatiques
- Il fait donc chaud de nos jours!
- 1 400 $ de moins dans vos poches chaque année! (cet article)
- L’Accord de Paris qui devait tout régler!
- Le monde n’atteindra pas les objectifs de l’Accord de Paris!
- Il faut électrifier l’économie mondiale!
- Des véhicules électriques de toutes les formes!
- Une industrie décarbonée en 2050 : difficile, mais possible!
- Le chauffage sans combustible fossile!
- L’agriculture doit réduire ses émissions comme les autres!
- Le méthane de nos déchets et nos objectifs climatiques
- Comment rendre notre électricité encore plus propre?
- L’économie décarbonée québécoise en 2050

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