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Les changements climatiques, ce n'est pas grave au Québec!

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Le réchauffement de la planète est plus rapide dans les contrées nordiques, tant mieux, il y aura des hivers moins longs et des étés plus agréables, n’est-ce pas?

GRAPHIQUE : DIFFÉRENCE DE LA TEMPÉRATURE MOYENNE 1901-2000
SOURCE : NATIONAL OCEANOGRAPHIC AND ATMOSPHERIC ADMINISTRATION (NOAA) DU GOVERNMENT DES ÉTATS-UNIS

Une série d’articles consacrés aux changements climatiques

Ceci est le premier d’une série de 17 publiée par l’AVÉQ au sujet des changements climatiques. Nous allons d’abord explorer le phénomène des changements climatiques. Qu’est-ce qui a engendré ces changements? Quel effet pouvons-nous prévoir au niveau planétaire et au niveau du Québec suite à ces changements? Qu’est-ce que les gouvernements du monde entier, y compris ceux du Canada, du Québec et de votre municipalité, ont décidé de faire au sujet des changements climatiques? Quels progrès ont été réalisés à ce jour et quelle est la vision de l’avenir? À la fin de la série, nous allons explorer les politiques que le gouvernement devrait mettre en place afin d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Ne vous inquiétez pas, le domaine des transports reviendra souvent dans la conversation.

Je ne prétends pas que les prévisions associées aux politiques à implanter décrites dans les prochains articles sont des résultats exacts. Je prétends seulement que si ces politiques étaient suivies, les prévisions de cette série d’articles sont moins éloignées de la réalité qui serait observée en 2050 que d’autres prévisions à ce sujet.

Un consensus scientifique depuis très, mais très longtemps

Vous avez certainement entendu parler des changements climatiques. Les plus vieux d‘entre nous se rappelleront leur première expérience avec ce qui était alors appelé le réchauffement planétaire était peut-être lors de la signature du protocole de Kyōto. Par contre, les scientifiques connaissent la relation entre l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2) et la température de l’atmosphère depuis les années 1850. C’est une expérience de l’Américaine Eunice Newton Foote qui a pu confirmer cette relation. C’est à partir de 1859 que le physicien John Tyndall a pu démontrer par des expériences plus sophistiquées qui ont prouvé l’effet de serre du CO2 et de la vapeur d’eau. Or, le CO2 a déjà augmenté en concentration dans l’atmosphère de 50 % depuis le début de l’ère industrielle, même si qu’une grande partie a été absorbée par les océans.

Aussitôt qu’en 1954, l’industrie du pétrole et de l’automobile a payé des scientifiques afin d’examiner la relation entre les changements climatiques et la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Ce sont ces compagnies qui ont avancé la connaissance scientifique qui a prédit les changements dont nous souffrons aujourd’hui. Malheureusement, ces mêmes compagnies ont gardé les connaissances à l’interne et semé le doute publiquement afin de ralentir les actions pour arrêter de brûler leur produit.

Un autre gaz à effet de serre (GES) encore plus puissant, le méthane (CH4), a augmenté d’environ 160 % en concentration dans l’atmosphère durant cette même période. Le problème est que le méthane est 81 fois plus puissant que le CO2 comme GES. C’est donc dire que le méthane, qui représente seulement 3 % des émissions de l’ère industrielle quand on calcule par la masse, est responsable d’environ 23 % de l’effet de serre supplémentaire.

Mais qu’est-ce que le changement climatique, au-delà d’un réchauffement de la planète en générale? Pourquoi devrions-nous nous en inquiéter dans un pays nordique comme le nôtre? Pour plusieurs raisons que nous allons examiner une à la fois.

Des points de bascule dont on ne revient pas

Les recherches scientifiques ont déterminé que si la planète se réchauffait de 1,5 °C, des points de bascule seraient dépassés. On les nomme ainsi parce qu’une fois que le processus de changement est enclenché, il ne pourra pas être arrêté sur l’échelle de la civilisation humaine, donc pour des milliers d’années. Le dépassement du point de non-retour se fera graduellement et la bascule peut durer des dizaines, des centaines, voire des milliers d’années. Mais, une fois le point de non-retour dépassé, il sera impossible pour l’humanité de l’arrêter. Malheureusement, puisque ces points n’ont jamais été dépassés d’expérience humaine, il existe de l’incertitude au sujet de la température de la planète à ne pas dépasser pour chacun des points de bascule. Mais, les scientifiques s’entendent qu’à partir de 1,5 °C de réchauffement soutenu. La probabilité de dépasser les points de bascule devient très élevée. Ces points de non-retour incluent notamment :

  • L’effondrement de la plaque glaciaire au Groenland
  • L’effondrement de la plaque glaciaire de l’Antarctique Ouest
  • L’effondrement du courant de circulation des mers Labrador-Irminger
  • L’effondrement des basins sous glaciers de l’Antarctique Est
  • L’effondrement de la glace arctique d’hiver
  • L’effondrement de la plaque glaciaire de l’Antarctique Est
  • Perte de la forêt Amazonienne
  • Le dégel brutal ou la perte totale du pergélisol boréal
  • L’effondrement du système de circulation méridienne de retournement de l’Atlantique
  • L’extinction locale des récifs de corail en basse latitude (proche de l’équateur)
  • La perte abrupte de la plaque glaciaire de la mer de Barents
  • La perte des glaciers en régions montagneuses
  • La moisson nouvelle dans le désert du Sahel et l’Ouest de l’Afrique
  • La perte de la forêt boréale (la partie plus au sud de cette forêt)
  • L’ajout à la forêt boréale (la partie la plus au nord de cette forêt)

C’est bien comme liste, mais qu’est-ce que ça peut bien changer si ces points de non-retour sont dépassés? Dans les prochains articles de cette série, nous allons en examiner plusieurs afin de comprendre leur impact potentiel sur nos vies. Notamment, nous allons considérer la situation pour l’effondrement du système de circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, qui pourrait avoir des impacts majeurs sur le climat à plusieurs endroits dans le monde, dont l’Europe, qui pourrait refroidir dramatiquement ironiquement, la perte du pergélisol et son effet accélérateur de changement climatique, la perte en général des plaques glaciaires et son effet sur le niveau des océans.

Une fois que nous aurons compris ces impacts planétaires, nous examinerons ce qui se passe au Québec. Nous analyserons les événements météo extrêmes en lien avec les changements climatiques. Puis, nous calculerons le coût monétaire que vous dépensez déjà sans le savoir en raison des changements climatiques.

Les progrès de l’humanité, du Canada et du Québec

À la suite de cette première série d’articles, nous aurons une meilleure compréhension des impacts réels et potentiels des changements climatiques. Il sera alors temps de discuter des activités humaines entreprises ou qui devraient être entreprises pour minimiser les changements climatiques.

Nous passerons au crible l’Accord de Paris et les progrès réalisés depuis son implantation. Certains pays ont beaucoup progressé dans leur réduction de GES et nous allons discuter des moyens qu’ils ont dû prendre à ce jour et ce qu’ils prévoient dans le futur. Il y aura notamment une discussion sur la réduction d’émissions de GES par les réseaux producteurs d’électricité partout dans le monde. Nous allons également jeter un regard sur l’électrification de tous les types de transports dans le monde, que ce soit le transport léger, lourd, récréatif, spécialisé, maritime et même l’aviation. Deux autres articles mettront sous la loupe les engagements, plans et réalisations du Canada et du Québec à ce sujet.

La vision 2050 du Gouvernement du Québec

Finalement, nous examinerons en détail la vision, les engagements, les actions et les plans du Gouvernement du Québec (principalement) pour réaliser notre part de l’engagement. Nous discuterons d'abord de la vision 2050 du gouvernement, y compris la progression de notre système de génération et de distribution électrique. Ensuite, nous consacrerons un article à chaque domaine d’émission de GES tel que répertorié par le gouvernement, en commençant par le domaine du transport, lieu de prédilection de l’AVÉQ et plus grand émetteur de GES dans la belle province. Il y aura ensuite une analyse des domaines résidentiels, industriels de l’agriculture, des déchets domestiques et de l’électricité et chaleur. Chacun de ces articles analysera la situation actuelle, les progrès réalisés depuis 1990 et fournira des recommandations afin d’améliorer notre sort en 2050. Il y aura à la fin un article de conclusion pour reprendre les différents thèmes explorés :

  • La raison du changement;
  • Les engagements;
  • Les lacunes identifiées et les propositions d’amélioration au plan.

Une chose que nous ne ferons pas ici, c’est de vous faire sentir coupable pour vous encourager à prendre des actions qui aident à réduire vos émissions de GES. Plutôt, nous allons expliquer comment vous êtes non pas des consommateurs en premier, mais plutôt des citoyens et que la meilleure chose que vous puissiez faire est d’influencer vos politiciens à mettre en place les bonnes politiques pour nous aider à réduire, collectivement comme société, nos émissions de GES. Vous verrez également que vous en sortirez gagnant avec de meilleurs produits qui vous coûtent moins cher tout en réduisant les émissions.

Sachez que ce sont les grandes compagnies de combustibles fossiles qui ont popularisé cette idée de calculer notre empreinte carbone, sachant que ça évitait qu’ils deviennent la cible de la population et donc des politiciens exigeant des mesures pour réduire les émissions de GES.

En espérant, chers lecteurs, que vous saurez apprécier cette série d’articles qui déborde abondamment des barèmes habituels de la section actualité de l’AVÉQ.

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