Nous saluons les investissements et les incitatifs fiscaux annoncés dans la chaîne d’approvisionnement canadienne, de façon à favoriser sa transition vers l’électromobilité.
Nous nous réjouissons également du retour des subventions à l’achat, malgré le déclin rapide des incitatifs annoncés, qui passeront graduellement de 5000$ à 2000$ entre 2026 et 2030 pour les VÉ à batterie et à pile à combustible. La valeur finale de transaction ne devra cependant pas dépasser 50 000$, à l'exception des VÉ (peu nombreux pour l’instant) fabriqués au Canada. Nous surveillerons de près la liste exacte des véhicules admissibles lorsque celle-ci deviendra disponible. Le nouveau programme a au moins le mérite d’être clair et d’assurer une certaine prévisibilité aux consommateurs.
L’AVÉQ déplore cependant l’abandon par Ottawa des quotas de vente de véhicules électriques (VÉ) neufs, qui prévoyaient que 20% de tous les véhicules neufs vendus allaient devoir être électriques à partir de cette année, puis 60% d’ici 2030 et 100 % d’ici 2035. Alors que l’obligation de 20% avait été suspendue en septembre dernier par le gouvernement fédéral, les groupes de VÉ de l’ensemble du Canada avaient plutôt recommandé à Ottawa de simplement assouplir ces exigences pour réduire légèrement l’objectif de 100% en 2035.
Le gouvernement Carney s’est maintenant fixé l’objectif d’atteindre un taux d'adoption des VE de 90% d'ici 2040, mais sans que des obligations précises n’y soit rattachées. On parle d’un pourcentage plus élevé de VÉ qui sera exigé de toutes les entreprises au fil du temps, mais cette exigence demeure floue quant aux modalités de sa mise en application.
Rappelons qu’en Norvège, 96% des ventes neuves étaient électriques en 2025 et qu’en Chine, les ventes de VÉ atteignent presque les 60%. La transition mondiale vers des transports zéro émission s’opère rapidement, et le Canada se doit d’accélérer le pas pour se positionner stratégiquement en ce sens.
Nous comprenons l’importance de maintenir des emplois au Canada, mais il faut rappeler que l’industrie du véhicule électrique est en plein essor et représentait déjà en 2025 plus de 130 000 emplois au Canada, un bassin qui pourrait grimper à 600 000 emplois d’ici 2035.
Nous suivrons de près les consultations publiques sur la manière dont le cadre de remise pourrait être utilisé de manière plus stratégique pour renforcer la production intérieure, attirer de nouveaux investissements et améliorer la compétitivité à long terme du secteur automobile canadien. Nous sommes d’avis que celui-ci doit inévitablement inclure la production de véhicules électrifiés dans ses objectifs.
Nous attendrons aussi avec impatience les détails de la stratégie ambitieuse en matière d'électrification qu'Ottawa annonce pour les prochaines semaines, notamment en lien avec les infrastructures de recharge, et de l’enveloppe de 1,5 milliard de dollars qui y sera assortie. Le développement du réseau de bornes de recharge constitue un des facteurs clés dans la décision des consommateurs d’adopter un mode de transport zéro émission. L’augmentation graduelle du parc électrique exige évidemment également une augmentation conséquente de bornes de recharge équitablement réparties sur l’ensemble du territoire.
Plus que jamais, dans le contexte d’incertitude induit par les positions des États-Unis, la stabilité des politiques canadiennes en matière d’électromobilité sera cruciale au bon développement de cette industrie devenue incontournable au vu des avancées mondiales et de la crise climatique globale.