Un laboratoire d'idées québécois vient de lancer un outil interactif qui décortique l'empreinte écologique réelle des VÉ face aux voitures à essence — avec données à l'appui.
Pareto, un laboratoire d'idées qui se penche sur la transition socioécologique, a lancé un nouvel outil numérique interactif permettant de comparer les véhicules thermiques et électriques sur une multitude d'axes : climat, eau, minéraux, santé humaine et coût pour le portefeuille. L'outil repose sur des études récentes d'analyse de cycle de vie et a été configuré spécifiquement pour le contexte québécois, tenant notamment compte de la très faible intensité carbone du réseau d'Hydro-Québec.</cite> Une distinction importante, puisque l'impact environnemental d'un VÉ varie considérablement selon la source d'électricité utilisée pour le recharger.
Raphaël Baril, fondateur de Pareto, explique la raison d'être du projet : « On voulait faciliter le débat démocratique, qui est difficile si on manque d'information vulgarisée, issue d'une recherche solide. » L'outil vise donc à combler un vide souvent exploité dans les débats publics — où des affirmations contradictoires circulent sans base scientifique solide. En rendant accessible une information habituellement réservée aux chercheurs, Pareto espère outiller les citoyens pour qu'ils puissent se forger une opinion éclairée sur la transition vers l'électrique.
L'analyse de cycle de vie est une méthode qui évalue l'impact environnemental d'un produit — dans ce cas un véhicule — de sa fabrication jusqu'à sa fin de vie. Elle permet de tenir compte non seulement des émissions à l'échappement, mais aussi de celles générées par l'extraction des matières premières, la production de la batterie, et le traitement du véhicule en fin de vie. C'est précisément ce type d'analyse globale que l'outil de Pareto met à la portée de tous.
Les comparaisons multicritères proposées permettent d'aller bien au-delà du seul enjeu des gaz à effet de serre. Les utilisateurs peuvent explorer comment les deux types de véhicules se comparent sur des aspects souvent négligés dans le débat public, comme l'utilisation de l'eau, la consommation de minéraux critiques ou les impacts sur la santé humaine. Un outil comme celui-ci arrive à point, alors que le Québec débat de l'avenir de sa norme sur les véhicules zéro émission.
