Le conflit au Moyen-Orient fait flamber l'essence — et paradoxalement, accélère la transition vers l'électrique. L'AIE relève ses prévisions pour 2026.
Dans un rapport publié jeudi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que les voitures électriques représenteront 29 % des ventes de voitures neuves dans le monde en 2026, contre 28 % lors de sa précédente prévision publiée en mai. Pour situer l'ampleur de cette progression : la part de marché des VÉ s'élevait à 20 % en 2024 et à 25 % en 2025. En deux ans seulement, la proportion a donc bondi de neuf points de pourcentage — une accélération qui défie les pronostics les plus optimistes du début de la décennie.
L'AIE s'attend à ce que 23 millions de voitures électriques soient vendues dans le monde cette année, soit une progression d'environ 10 % par rapport à 2025. Ce rebond survient malgré un contexte difficile : au premier semestre, en Chine et aux États-Unis, les deux premiers marchés mondiaux, les ventes de voitures neuves ont reculé respectivement de 20 % et de plus de 3 %, pénalisées par la conjoncture et la flambée des prix des carburants. L'AIE s'attend d'ailleurs à ce que 2026 enregistre une baisse du marché automobile mondial par rapport à 2025.
C'est là tout le paradoxe : les ventes de véhicules électriques ont rebondi de 4 % au deuxième trimestre pour atteindre 5 millions d'unités, portées notamment par la crise énergétique déclenchée par le conflit au Moyen-Orient, qui a ramené la volatilité des prix des carburants au premier plan. En d'autres mots, plus l'essence coûte cher, plus les acheteurs se tournent vers le VÉ — un phénomène bien observable au Canada, où les ventes de VÉ ont bondi de 20 % en mai selon Statistique Canada.
Si la tendance de fond est solide, la dépendance aux aides gouvernementales reste une question centrale. Le coup de froid sur le marché américain en début d'année, suite à la fin d'un crédit d'impôt fédéral de 7 500 $, l'a bien illustré. D'autres défis demeurent : le déploiement des infrastructures de recharge, la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en matières premières pour les batteries, et l'acceptation par le grand public restent des obstacles à surmonter pour que la transition s'inscrive dans la durée.