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Des normes plus serrées réduisent la consommation d’essence

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L’économie d’essence moyenne des véhicules s’améliore seulement quand les normes se resserrent, malgré la vente de véhicules électriques.

L’Environmental Protection Agency (EPA) a publié en février 2026 le rapport The 2025 EPA Automotive Trends Report - Fuel Economy and Technology since 1975. Espérons que le rapport continuera d’être publié dans les prochaines années, car il contient une mine d’or d’information au sujet de la consommation moyenne des véhicules vendus aux États-Unis.

 

Si vous suivez l’actualité automobile, vous aurez récemment entendu parlé de ce rapport, probablement avec le grand titre Honda redevient numéro un pour l’économie de carburant. C’est un peu trompeur comme grand titre, car Tesla, Rivian et Lucid font bien mieux que Honda. Mais, c’est comme si ça ne compte pas, parce qu’ils ne font pas partie du groupe sélect des 14 plus grands fabricants de voitures dans ce pays… Malgré tout, plutôt que de me concentrer sur la performance des différents fabricants automobile, je voudrais explorer certaines données du rapport qui sont passées sous silence dans les médias traditionnels.

 

Mais auparavant, mettons les choses en contexte. On se rappelle que lors de la signature par le président américain Donald Trump du One Big Beautiful Bill, le 4 juillet 2025, les pénalités financières si les fabricants de véhicules légers ne rencontrent pas les cibles de consommation de carburant ont été abolies. En plus, l’EPA de l’administration Trump a proposé en décembre 2025 de réduire les cibles d’économie d’essence.

 

Malgré ces initiatives, le rapport indique que la consommation moyenne d’énergie des véhicules légers vendus en 2024 a diminué pour chacune des grandes marques par rapport à 2023. En plus, les données préliminaires indiquent que, globalement, la progression devrait continuer en 2025. C’est une bonne nouvelle, mais qui ne durera certainement pas longtemps en raison des reculs de fabricants en terme d’offre de véhicules électriques et thermiques aux États-Unis récemment.

Graphique : Consommation d’essence moyenne dans le monde réel de tous les véhicules légers vendus aux États-Unis par année modèle
Source : Adapté à partir du rapport de Tendances automobiles 2025 de l’EPA
*VÉ : Véhicule électrique
**VÉHR : Véhicule électrique hybride rechargeable

 

La légende du graphique indique : « Consommation d’essence dans le monde réel ». Qu’est-ce que ça veut dire? Les véhicules au Canada et aux États-Unis sont homologués par un test en laboratoire à deux cycles. Un cycle représente la conduite urbaine et l’autre sur route.  Ensuite les résultats sont pondérés avec 55% de la conduite considérée urbaine et 45% sur route. C’est le résultat de ce test qui permet de déterminer l’autonomie et la consommation du véhicule.

 

Pour ce rapport, l’EPA utilise plutôt les résultats d’un test à 5 cycles qui comprend des conditions opérationnelles élargies, comme :

  • les températures chaudes et froides
  • des vitesses plus élevées
  • des accélérations plus soutenues

 

L’agence considère ces tests plus représentatifs des conditions réelles dans lesquelles les véhicules vont être utilisés. En plus, le chiffre de consommation considère que seulement 43% de la conduite est en condition urbaine alors que 57% le sera en condition sur route. Ce ratio est conforme avec les statistiques récentes d’utilisation de véhicules légers aux États-Unis.

 

En 2024, la consommation moyenne dans le monde réel de tous les véhicules légers neuf vendus s’est améliorée de 6,25% grâce à la vente des  VÉ et VÉHR. C’est excellent quand on sait que seulement 1.3 millions de véhicules (8.1% du total) neuf vendus aux États-Unis en 2024 étaient électrique (100% électrique ou hybride rechargeable). Ce qui est moins encourageant est que la pente d’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules légers ne s’est pas améliorée depuis l’introduction de la technologie de véhicules 100% électrique ou hybride rechargeable. Si on regarde la pente de consommation moyenne des tous les véhicules légers de 2005 à 2024, elle est assez linéaire.

 

L’impact des véhicules électriques est réel, mais il a permis aux fabricants de ralentir considérablement les améliorations énergétiques du côté des véhicules thermiques à partir de 2013. Comme on verra plus loin, ça leur a permis de continuer d’augmenter la puissance des moteurs thermique au lieu. En gros, les fabricants respectent les normes imposées par les gouvernement, sans plus. Si on veut que les réductions d’économie énergétiques s’accélèrent, il faut exiger que des normes plus sévères soient imposées par les gouvernements.

 

Sur le graphique, on voit aussi 2 points préliminaire qui prévoient une réduction globale de consommation également en 2025, malgré les efforts de l’administration Trump.

Graphique : Consommation d’essence dans le monde réel des différents modèles de véhicules légers vendus aux États-Unis par année modèle
Source : Adapté à partir du rapport de Tendances automobiles 2025 de l’EPA

Note: Un litre équivalent (Le) est une unité de conversion de l’électricité (mesurée en kWh) utilisée par les véhicules électriques pour la comparer au litre d’essence. Pour une comparaison de pommes avec des pommes, on compare la quantité d’électricité qui contient la même énergie qu’un litre d’essence.

 

L’impact des véhicules électriques peut être visualisé sur le graphique ci dessus et le tableau qui suit. La mise en vente de VÉ a engendré une augmentation dramatique de l’efficacité énergétique des meilleurs véhicules légers en vente aux États-Unis. Le meilleur véhicule vendu avant 2011 affichait une économie d’essence d’environ 60 miles au gallon (3,92 l / 100 km). Ce n’était pas une meilleure efficacité que le meilleur véhicule de 1986, malgré l’introduction de véhicules hybrides. Depuis, les véhicules électriques propulsent ses occupants jusqu’à 140 miles (1,68 Le/ 100 km) pour la même quantité d’énergie utilisée. En plus, le tableau ci dessous confirme que les véhicules 100% électriques affichent une consommation moyenne de 99,9 Le/100 km, ce qui est presque 3 fois supérieur aux véhicules hybrides rechargeable ou hybride. C’est également environ 4 fois plus économe que la moyenne des véhicules à gazoline, à diesel ou à hybridation légère.

Tableau : Consommation d’essence par type de motorisation / source d’énergie
Source : Adapté à partir du rapport de Tendances automobiles 2025 de l’EPA

 

Le tableau ci dessus confirme que les seules technologies qui peuvent réduire dramatiquement la consommation d’énergie sont le véhicule à 100% électrique ou de cellule à hydrogène. Malheureusement, les véhicules de cellule à combustible utilisent presque exclusivement de l’hydrogène produit à partir de combustibles fossiles. Si on utilise l’électrolyse de l’eau au lieu, il faut utiliser de trois à cinq fois plus d’électricité qu’un véhicule 100% électrique et coûtent jusqu’à 27$/100 km à utiliser au Québec, malgré notre électricité bon marché. En plus, l’hydrogène étant le plus petit élément du tableau périodique, il fuit dans l’air en grande quantité et son ajout à l’atmosphère contribue au réchauffement planétaire. L’hydrogène n’est pas une solution climatique ou économique.

Graphique : Puissance moyenne par type de véhicule léger
Source : Adapté à partir du rapport de Tendances automobiles 2025 de l’EPA

 

Comme on peut le voir sur le graphique ci dessus, malgré qu’il semble difficile de réduire la consommation des véhicules légers, les fabricants n’ont aucun problème pendant ce temps d’augmenter la puissance des moteurs thermiques. À part la période de 1975 jusqu’à environ 1985, pendant laquelle la consommation d’essence a diminué de moitié environ, la puissance des moteurs suit une ligne d’augmentation quasi constante. Normalement, l’augmentation de puissance d’un moteur à combustion interne est lié à une augmentation de sa consommation d’essence. Les fabricants ont trouvé plusieurs astuces pour réduire la consommation tout en augmentant la puissance. Imaginez s’ils avaient gardé la puissance constante au lieu et travaillé plus fort à réduire la consommation.

Graphique : Consommation d’essence moyenne de la flotte de véhicules légers vendus aux États-Unis par année modèle
Source : Adapté à partir du rapport de Tendances automobiles 2025 de l’EPA

 

Ce dernier graphique établi un bon sommaire de la situation. Malgré une augmentation quasi constante de la puissance des moteurs depuis 1985, la consommation d’essence à suivi une courbe assez bizarre. Ah oui! Je comprend. La consommation ne s’aligne pas aux défis d’ingénierie de la conception de véhicules légers, mais plutôt aux normes de consommation des véhicules vendus. Malheureusement, tant que nous ne serons pas comme en Norvège, dans un monde qui ne vend que des véhicules électriques, il faut exiger de nos gouvernements une amélioration dans les normes de consommation d’essence. C’est ce que le gouvernement Carney nous a promis. J’ai bien hâte de voir les résultats!

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