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Malgré un ralentissement du marché nord-américain des véhicules électriques, Volta Energy Solutions Canada confirme la poursuite de son ambitieux projet d’usine de feuille de cuivre à Granby grâce à un financement majeur de 194 millions de dollars canadiens, annoncé le 15 décembre par le gouvernement sud-coréen. Un projet stratégique pour la filière batterie Filiale de Solus Advanced Materials (Corée du Sud), Volta Energy investit dans une usine évaluée à 750 M$, située à environ 75 km à l’est de Montréal. La construction, amorcée en 2023, devrait s’achever dans la seconde moitié de 2026, avec une mise en production prévue en 2027. Cette installation produira de la feuille de cuivre, un composant essentiel des batteries lithium-ion, utilisé pour transporter le courant et dissiper la chaleur. À terme, l’usine québécoise deviendra un maillon stratégique de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine. Capacité et impact économique En phase initiale, la production atteindra 25 000 tonnes par an, pour grimper à 63 000 tonnes annuellement une fois l’expansion complétée. Cette capacité suffira à alimenter environ 2,5 millions de véhicules électriques, renforçant le rôle du Québec dans la transition énergétique. Un financement international structurant Le nouvel apport provient du fonds sud-coréen de réduction de la dépendance des chaînes d’approvisionnement, géré par l’Export-Import Bank of Korea. Volta Energy avait déjà sécurisé 222 M$ auprès de la Korea Development Bank et d’Exportation et développement Canada (EDC). Soutien gouvernemental québécois et fédéral Le gouvernement du Québec appuie également le projet avec un prêt de 150 M$, dont une partie pourrait être pardonnée si Volta maintient 260 emplois à Granby. Du côté fédéral, Ottawa n’a pas encore injecté de fonds, mais Innovation, Sciences et Développement économique Canada confirme travailler « étroitement » avec l’entreprise. Le projet pourrait bénéficier de crédits d’impôt pour la fabrication propre. Un pari sur le stockage d’énergie Si le marché des VÉ ralentit en 2025, Volta mise sur la croissance des batteries de stockage d’énergie, qui utilisent elles aussi la feuille de cuivre. Ce segment pourrait offrir une bouée de sauvetage à court terme et diversifier les débouchés de l’usine. Un signal fort pour la filière québécoise Ce financement arrive à point nommé pour la chaîne batterie québécoise, fragilisée par des revers récents, dont l’annulation du projet Northvolt à Montréal et des retards à Bécancour. Miser sur les composantes critiques plutôt que sur l’assemblage de cellules apparaît comme une stratégie plus résiliente. En résumé, l’investissement sud-coréen constitue un vote de confiance envers le Québec et son rôle dans la production de matériaux stratégiques pour la transition énergétique. Dans un contexte incertain pour les VÉ, la feuille de cuivre s’impose comme un pilier de la filière batterie nord-américaine. Source : Automotive News
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