Pour la première fois depuis 2022, l'intérêt des Canadiens pour les véhicules électriques repart à la hausse — avec des nuances importantes selon les régions et les profils d'acheteurs.
Selon l'étude 2026 sur l'intention d'achat de véhicules électriques au Canada de J.D. Power, le pourcentage d'acheteurs de véhicules neufs qui se disent « très susceptibles » ou « plutôt susceptibles » d'envisager un VÉ pour leur prochain achat est passé à 34 %, comparativement à 28 % en 2025. Ce rebond fait suite à plusieurs années de baisse ou de stagnation de l'intérêt des consommateurs à l'échelle du pays. La hausse du prix de l'essence et le retour du programme fédéral PAVÉ — offrant jusqu'à 5 000 $ de rabais sur les VÉ admissibles — sont cités comme les principaux facteurs de ce regain d'enthousiasme.
Malgré cet élan positif, l'étude révèle une profonde polarisation du marché canadien. Alors que 59 % des acheteurs américains sont ouverts à l'idée d'un VÉ, le Canada affiche une moyenne nationale de 34 % — largement menée par une poussée de 10 points de pourcentage au Québec pour atteindre 42 %. De plus, près de la moitié des acheteurs canadiens (47 %) affirment qu'il est « très peu probable » qu'ils envisagent un VÉ, contre seulement 20 % au sud de la frontière.
Pour les acheteurs hésitants, les obstacles pratiques restent bien présents. La distance de conduite limitée par charge demeure le principal frein, citée par 65 % des répondants peu susceptibles d'envisager un VÉ, suivie par le manque d'infrastructures de recharge publiques à 56 %. Les performances en temps froid arrivent en troisième position à 54 % — une préoccupation particulièrement sensible dans le contexte canadien.
L'étude, menée auprès de 4 938 acheteurs en mars et avril, révèle également une ouverture surprenante envers les VÉ chinois : parmi les acheteurs qui envisagent sérieusement un VÉ, 56 % ont déclaré qu'ils prendraient en considération une marque chinoise. Même dans la population générale des acheteurs, près d'un tiers (31 %) se dit ouvert à ces modèles. Cet intérêt est toutefois tempéré par des inquiétudes concernant la qualité, la fiabilité à long terme et l'absence de réseau établi de vente et de pièces de rechange au Canada.