Alors que ce dernier s’est fixé l’objectif d’interdire la vente de véhicules à essence neufs dès 2035, il est essentiel que les politiques gouvernementales soutiennent activement cette transition plutôt que d’imposer des freins injustifiés. Or, le budget 2025 introduit une taxe d’immatriculation pour les VE tout en laissant planer l'incertitude quant au financement des incitatifs à l’achat et à la recharge.
Hausse des frais d’immatriculation : une taxe injustifiée qui pénalise les consommateurs responsables
Dès 2027, les propriétaires de VE devront payer une contribution annuelle de 125 $ et ceux des hybrides rechargeables, de 62,50 $, sous prétexte qu’ils ne paient pas la taxe sur l’essence. Pourtant, selon les données du coût social du carbone, avec plus de 375 000 VE sur les routes du Québec, l’électrification des transports permet déjà une économie annuelle d’environ 366 millions de dollars en coûts sociaux, grâce à la réduction des émissions de GES et à l’amélioration de la qualité de l’air. Nous sommes d’avis que cette nouvelle taxe pénalise les citoyens qui font un choix responsable pour l’environnement et la santé publique, et envoie un message contradictoire quant à l’ambition du Québec de devenir un leader en électrification des transports.
Enveloppes indéfinies pour subventions incitatives à l’achat : une incertitude qui nuit à la transition énergétique
Bien que l’AVÉQ se réjouisse de la reconduction du programme Roulez vert, qui continuera d’offrir des subventions à l’achat de VE et de bornes de recharge, le manque de précisions sur la taille de l’enveloppe budgétaire et sur la durée réelle de l’initiative nous inquiète. Dans le contexte où le programme a déjà été suspendu en début d'année 2025 faute de fonds suffisants pour répondre à la demande, nous craignons que la situation se reproduise sans préavis. L’absence de garanties budgétaires et le manque de prévisibilité causent une perte de confiance importante chez les consommateurs, les concessionnaires et l’ensemble du secteur, ce qui nuit à la transition en cours vers l’électromobilité. Alors que la population québécoise s’est engagée massivement en faveur de cette transition, avec 40 % de VE vendus et immatriculés au Québec au 4ᵉ trimestre de 2024, il importe de faire preuve de prévisibilité et d’appuyer ces efforts plutôt que de les freiner. Si le gouvernement souhaite vraiment faire du Québec un chef de file en matière de transition énergétique, il doit assurer la continuité et la transparence du financement des incitatifs.
Au nom de ses près de 15 000 membres, l’AVÉQ appelle donc le gouvernement du Québec à :
- Annuler la taxe d’immatriculation des VE, qui freine inutilement la transition énergétique
- Clarifier la taille de l’enveloppe budgétaire et la durée du financement du programme Roulez vert pour éviter toute incertitude quant à une nouvelle suspension imprévue
- Renforcer l’aide aux véhicules commerciaux et au programme Écocamionnage afin de réduire les émissions du transport moyen et lourd
- Dans le contexte des élections fédérales, réaffirmer publiquement son engagement envers la norme VZE, qui oblige les manufacturiers à vendre un pourcentage croissant de VE chaque année, afin d’affirmer son leadership et sa détermination en matière d’électrification des transports
- Explorer des alternatives de financement routier plus durables, qui ne découragent pas l’adoption de bonnes pratiques environnementales
Le Québec s’est engagé à éliminer les véhicules à essence neufs d’ici 2035. Il est temps que nos politiques reflètent réellement cette ambition.