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Waymo vise Toronto : les robotaxis sans chauffeur à l’épreuve du Canada

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La métropole ontarienne pourrait devenir un terrain d’essai majeur pour la mobilité autonome. L’entreprise américaine Waymo, filiale du géant Alphabet, explore activement la possibilité de déployer ses robotaxis sans chauffeur à Toronto. 

Une initiative ambitieuse, mais loin d’être acquise, tant les défis sont nombreux — qu’ils soient politiques, réglementaires ou technologiques.

Une arrivée encore au stade exploratoire

Selon des informations confirmées par l’entourage de la mairesse Olivia Chow, des représentants de Waymo ont rencontré la Ville afin de présenter leur intention de participer à un programme provincial encadrant les essais de véhicules autonomes. Pour l’instant, aucune demande officielle n’a été déposée auprès de la municipalité.

Il faut dire que, contrairement à certaines villes américaines, Toronto ne pilote pas directement ce type d’expérimentation. La responsabilité relève plutôt du gouvernement provincial, qui encadre depuis 2016 un projet pilote permettant, sous conditions strictes, de tester des véhicules automatisés — y compris sans conducteur depuis 2019.

Des règles strictes et un cadre encore prudent

Le cadre ontarien impose notamment que les entreprises soient capables de surveiller et de reprendre le contrôle des véhicules à distance. Les voitures doivent également être clairement identifiées comme étant en phase d’essai autonome.

Cette prudence réglementaire reflète une réalité technique encore imparfaite. Des essais antérieurs menés à Toronto ont mis en lumière certaines limites : difficultés à effectuer des virages à droite au feu rouge, ou à naviguer efficacement dans des intersections avec panneaux d’arrêt.

Pour Krzysztof Czarnecki, professeur à l’University of Waterloo, ces obstacles ne sont pas surprenants. Il estime que des tests sont souhaitables et bénéfiques, mais qu’un déploiement massif à court terme reste improbable.

Le défi canadien : météo et complexité urbaine

Au-delà des règles, le climat canadien représente un test redoutable pour les systèmes autonomes. Neige, verglas, visibilité réduite : autant de facteurs qui peuvent compromettre la fiabilité des capteurs et des algorithmes.

Ces conditions pourraient ralentir l’implantation de Waymo, malgré les avancées technologiques revendiquées par l’entreprise. Celle-ci affirme que ses véhicules — une flotte notamment composée de Jaguar I-PACE électriques — présentent un taux d’accidents graves inférieur de 92 % à celui des conducteurs humains.

Un argument nuancé par Carmi Levy, qui rappelle que l’absence totale d’accidents est irréaliste, même pour les systèmes les plus avancés.

Un enjeu politique sensible

Mais la technologie n’est qu’une partie de l’équation. Le projet soulève aussi des inquiétudes économiques, notamment en matière d’emploi. Le bureau de la mairesse a été clair : tout projet susceptible d’entraîner des pertes d’emplois ou une précarisation du travail sera accueilli avec réticence.

Dans un contexte où les services de covoiturage comme Uber et Lyft reposent sur des milliers de conducteurs, l’arrivée de robotaxis sans chauffeur pourrait bouleverser l’équilibre du marché du travail urbain.

Une stratégie canadienne en construction

Waymo ne limite pas ses démarches à l’Ontario. L’entreprise mène également des efforts de représentation auprès du gouvernement de la Colombie-Britannique, où les véhicules entièrement autonomes sont actuellement interdits.

Plus largement, la société reconnaît être en discussion avec plusieurs juridictions canadiennes afin de faire évoluer les cadres réglementaires et permettre l’introduction de services de transport autonome.

Vers une révolution… graduelle

Déjà active dans une dizaine de grandes villes américaines, Waymo avance avec méthode. Son modèle — similaire à celui des applications de covoiturage, mais sans conducteur — pourrait transformer en profondeur la mobilité urbaine.

Mais à Toronto comme ailleurs au Canada, la route vers une adoption généralisée s’annonce longue. Entre prudence réglementaire, défis climatiques et préoccupations sociales, les robotaxis devront encore faire leurs preuves avant de s’imposer dans le paysage urbain.

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