résumé de la chronique « Les réflexions branchées » animée par Claude Gauthier. Ce dernier nous offre un espace de réflexion sur l'éléctromobilité.
Au-delà de la plaque verte : Sommes-nous vraiment si « verts » ?
Dans le cadre du balado Silence on Roule, le chroniqueur Claude Gauthier nous a récemment proposé une réflexion percutante dans sa rubrique « Les réflexions branchées ». Il nous invite à remettre en question certains de nos comportements de consommation qui, bien que cachés derrière l’étiquette vertueuse de l'électromobilité, vont parfois à l'encontre de la protection de l'environnement.
Le syndrome du « sac orange »
Claude Gauthier illustre son propos par l'exemple d'une connaissance tombée dans le piège de la consommation numérique effrénée, notamment via des plateformes comme Temu. Il décrit l'arrivée quotidienne de petits sacs de plastique orange contenant des gadgets à bas prix : spatules en forme de chat, coupe-avocats inefficaces ou chandails de piètre qualité.
Le véritable problème réside dans l'absurdité du cycle de vie de ces objets. Fabriqués en Asie, transportés par d'immenses navires crachant du mazout lourd, puis livrés par camion, ils finissent souvent par être retournés par la poste s’ils ne conviennent pas. Ce voyage aller-retour pour des babioles à quelques dollars représente un non-sens environnemental total.
L'excuse de la Chine : un mensonge mathématique
L'un des points forts de la chronique de Claude Gauthier est sa déconstruction de l'argument classique utilisé lors des soupers de famille : « Pourquoi faire des efforts au Québec quand la Chine pollue 100 fois plus ? ».
Il qualifie cet argument de « gros mensonge mathématique ». Si la Chine produit effectivement une quantité phénoménale de gaz à effet de serre (GES) au total, la réalité est tout autre lorsqu'on ramène ces chiffres à l'habitant. En divisant les émissions par la population, le « petit Québécois ordinaire » apparaît alors comme un véritable « ogre » de pollution par rapport au citoyen chinois moyen.
Nos « chars d'assaut » de banlieue
Le chroniqueur pointe également du doigt l'évolution de nos choix de transport. Il y a 20 ans, nos routes étaient parsemées de petites voitures économiques. Aujourd'hui, nous sommes entourés de véhicules utilitaires sport (VUS) et de camions imposants. Il souligne l'ironie de conduire des « chars d'assaut » de 2,5 tonnes avec sièges chauffants simplement pour aller acheter une pinte de lait au dépanneur. Nos émissions de GES liées au transport individuel sont qualifiées d'astronomiques et d'indécentes.
Une pollution sous-traitée
Enfin, Claude Gauthier nous rappelle que la Chine ne pollue pas pour le plaisir, mais pour faire tourner les usines qui fabriquent les produits que nous commandons. En fermant nos propres manufactures polluantes il y a 40 ans, nous n'avons pas éliminé la fumée; nous l'avons simplement externalisée à l'autre bout de la planète. Le bilan carbone de la Chine est, en grande partie, le reflet de notre désir de consommer des écrans plats et des vêtements à bas prix.
En conclusion, pointer du doigt la Chine tout en continuant de commander des produits jetables et de conduire des véhicules surdimensionnés est une forme d'hypocrisie. Comme le dit si bien Claude Gauthier : on ne peut pas accuser le voisin de faire brûler des pneus quand c’est nous qui les avons achetés et qui lui avons donné l'allumette. Le climat ne connaît pas de frontières, et nous finirons tous par payer la facture de cette délocalisation de notre culpabilité.