Dans sa dernière chronique dans le balado Silence On Roule. , Marco Dumais nous présente le parcours plutot discutable du manufacturier Mazda.
Dans le cadre de sa chronique L'automobile à la croisée des chemins présentée lors du balado Silence on Roule, le chroniqueur Marco Dumais s'intéresse au parcours singulier du constructeur japonais Mazda. Alors que l'industrie automobile mondiale accélère son virage vers l'électrification complète, Mazda se distingue par une approche mesurée, originale et axée sur la multimotorisation.
1. Des origines industrielles au légendaire moteur rotatif
Fondée en 1920 à Hiroshima sous le nom de Toyo Cork Kogyo, l'entreprise a débuté dans la fabrication de produits divers avant d'évoluer vers la machinerie industrielle. Ce n'est qu'en 1931 que Mazda produit son premier véhicule, un triporteur utilitaire nommé Mazda-Go. Après avoir fabriqué des véhicules utilitaires pendant trois décennies, la marque lance sa première voiture de tourisme, la R360, au début des années 1960.
Dès 1967, Mazda emprunte une voie unique en commercialisant des véhicules équipés du célèbre moteur rotatif Wankel. Cette technologie a fait la renommée du constructeur à travers plusieurs modèles emblématiques, dont la famille des RX (RX-2, RX-3, RX-4, RX-8) et la Cosmo.
2. L'alternative à la tendance : l'hydrogène et le SkyActiv
Durant les années 1990, alors que les prémices de l'électrique émergent chez d'autres constructeurs, Mazda développe très peu de prototypes 100 % électriques. La marque préfère explorer une voie différente : adapter son moteur thermique rotatif pour qu'il carbure au gaz d'hydrogène. Il ne s'agissait pas d'une pile à combustible (comme sur la Toyota Mirai ou la Hyundai Nexo), mais bien d'une combustion interne d'hydrogène dans un moteur rotatif.
Au cours des années 2000, demeurant très prudente face au tout-électrique, Mazda concentre ses efforts sur l'optimisation maximale des moteurs thermiques grâce à sa famille de technologies SkyActiv.
3. L'électrification modeste : du MX-30 au retour du moteur rotatif
Mazda s'est engagée progressivement dans l'électrification en introduisant des modèles hybrides (notamment en collaboration avec Toyota) ainsi qu'une gamme de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) comprenant les CX-60, CX-70 et CX-90.
En 2020, le constructeur lance son tout premier véhicule 100 % électrique, le MX-30. Bien qu'apprécié pour son design et sa conception, son autonomie très limitée a conduit à des ventes minimes et à son retrait rapide du marché nord-américain.
En Europe toutefois, le MX-30 a connu une évolution intéressante : Mazda y a réinventé son moteur rotatif sous forme de prolongateur d'autonomie (EREV), où le moteur sert de génératrice pour recharger la batterie. De plus, sur les marchés européen et chinois, Mazda propose la Mazda 6 électrique (modèle EZ-6), développée en partenariat avec le constructeur chinois Changan.
4. La stratégie d'avenir : multimotorisation et carburants synthétiques
Pour les années à venir, Mazda refuse de s'engager vers le tout-électrique à court terme et prévoit seulement quelques nouveaux modèles 100 % électriques d'ici 2030. La marque privilégie une stratégie axée sur la multimotorisation.
Afin d'assurer la pérennité des moteurs thermiques, Mazda investit conjointement avec Toyota (qui détient environ 5 % des actions de Mazda) et Subaru dans la recherche et le développement des carburants synthétiques.
Conclusion
La démarche de Mazda prouve qu'il existe plusieurs voies pour aborder la transition énergétique. Plutôt que de suivre le courant dominant, Mazda demeure fidèle à son ADN d'ingénierie en combinant électrification progressive, moteur rotatif et optimisation thermique.
Question à nos lecteurs : Aimeriez-vous voir arriver au Canada le MX-30 avec prolongateur d'autonomie rotatif ou la nouvelle Mazda 6 électrique ? Partagez votre avis dans les commentaires !
