Invité mercredi matin sur les ondes de LCN, M. Breton a tenu à remettre les pendules à l’heure : « Il faut arrêter de dire que l’engouement pour les véhicules électriques disparaît. » Bien qu’il admette que les premiers mois de l’année ont été marqués par un fléchissement, il note une reprise encourageante au deuxième trimestre, notamment grâce au retour des incitatifs gouvernementaux.
Selon lui, ce ralentissement ne doit pas être interprété comme un désintérêt du public, d’autant plus que les ventes augmentent à l’échelle mondiale — à l’exception notable des États-Unis, où l’ancien président Donald Trump aurait, selon ses dires, provoqué un recul significatif du secteur.
Cela dit, les politiques américaines ne sont pas à l’origine du recul observé ici. D’après les données de Mobilité Électrique Canada, moins de 10 % des véhicules vendus au pays sont touchés par les droits de douane imposés par Washington. Pour Daniel Breton, la véritable entrave à la progression de l’électrification vient de certains constructeurs automobiles.
« Depuis des décennies, une partie de l’industrie s’oppose à chaque avancée réglementaire : ceintures de sécurité, dispositifs antipollution, coussins gonflables, normes de consommation... C’est un schéma qui se répète », rappelle-t-il.
Le principal obstacle, selon lui, demeure le coût élevé des véhicules électriques. Il plaide donc pour une ouverture du marché canadien à davantage de constructeurs étrangers, afin d’accroître la diversité de l’offre et stimuler la concurrence.
« Des manufacturiers nord-américains bien établis s’opposent à cette ouverture. Ils veulent éviter la compétition et ainsi maintenir des prix élevés. Il est temps que Transport Canada facilite l’entrée sur le marché de véhicules plus abordables venus de pays comme la Corée du Sud, le Mexique, le Japon, et surtout de l’Europe », insiste-t-il.