Programme Écocamionnage : l’Assemblée nationale réclame une relance d’ici la fin de l’année27/11/2025 Une motion demandant le rétablissement du programme Écocamionnage d’ici la fin de 2025 a été adoptée à l’unanimité moins une voix à l’Assemblée nationale. Pour plusieurs acteurs de l’industrie du transport lourd et de l’électrification, il s’agit d’un signal politique important après plus d’un an d’incertitude. Présentée par Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine et porte-parole du Parti Québécois en matière de Transports, la motion presse le gouvernement de remettre en marche ce programme crucial suspendu depuis septembre 2024. « Alors même que le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, évoque la réduction des cibles de GES, il est plus que temps de relancer Écocamionnage. Son arrêt freine des investissements essentiels dans la modernisation des flottes, l’innovation technologique et la décarbonation du transport lourd », a-t-il déclaré. Un levier essentiel pour atteindre les cibles climatiques Pour M. Arseneau, la remise en place du programme est « impérative » si le Québec souhaite respecter ses engagements climatiques. « Si le Québec veut atteindre sa cible de réduction de 37,5 % des GES d’ici 2030, il faut s’attaquer sérieusement au secteur qui émet le plus, soit le transport, responsable à lui seul de 43 % de nos émissions. » L’appel du député rejoint celui de plusieurs organisations-clés, dont Propulsion Québec, Mobilité Électrique Canada et l’Association du camionnage du Québec (ACQ). Toutes réclament la relance d’Écocamionnage afin d’offrir aux entreprises des incitatifs stables et prévisibles. Le gouvernement prévoit d’ailleurs 35 M$ pour ce programme dans son Plan pour une économie verte 2025-2030. Une industrie qui attend… et s’impatiente Au fil des derniers mois, la pression s’est intensifiée. Une déclaration commune signée par l’ACQ, Propulsion Québec et plusieurs entreprises du milieu — Nationex, Intelcom, Peterbilt, Globocam, GLS Canada, Attrix, Emballages Carrousel, Location Brossard et Simard Transport — réclamait le retour immédiat d’Écocamionnage. Propulsion Québec a d’ailleurs salué l’engagement du gouvernement à rétablir le programme d’ici la fin de l’année, estimant que cela permettra de relancer les projets suspendus et d’optimiser les infrastructures de recharge déjà déployées. « Le retour d’Écocamionnage envoie enfin un signal clair et attendu : les transporteurs sont prêts à investir et les solutions sont là. Cette relance donne l’élan nécessaire pour réduire les émissions tout en renforçant la compétitivité des entreprises », affirme Alexis Laprés-Paradis, PDG par intérim de Propulsion Québec. Même son de cloche du côté de l’ACQ. Son PDG, Marc Cadieux, rappelle que l’industrie attend depuis longtemps : « On se fait dire que ça va être annoncé d’un moment à l’autre, mais ça fait plus d’un an que le programme est fermé. On n’a jamais eu un écart aussi grand pour la reconduction d’un programme. » Un impact direct sur les entreprises québécoises Pour les fabricants et concessionnaires de véhicules lourds électriques, la suspension d’Écocamionnage a freiné non seulement les ventes, mais aussi l’élan de toute la filière. Martin Blanchet, directeur national des ventes – Énergies alternatives chez Peterbilt du Canada, estime que la relance permettra de redonner vie à un secteur qui attend depuis trop longtemps. « Grâce au retour de la subvention, nos clients pourront acheter des camions Peterbilt électriques fabriqués au Québec, dans notre usine Paccar de Sainte-Thérèse », souligne-t-il. Chez Globocam, le directeur principal des ventes, Thierry Salem, reste prudent mais optimiste. « On n’a pas d’annonce encore, mais je reste optimiste malgré les 15 mois d’attente inutiles. J’espère que le gouvernement agira enfin afin qu’on puisse libérer le matériel roulant que les clients attendent depuis plus de 15 mois. Ce serait un signal clair que la décarbonation du transport demeure une priorité. » La motion adoptée à l’Assemblée nationale ajoute une pression politique supplémentaire sur le gouvernement, déjà interpellé par l’ensemble de l’industrie. Pour les acteurs du transport lourd, l’électrification ne peut pas avancer au rythme souhaité sans un programme comme Écocamionnage, conçu précisément pour accélérer l’adoption de solutions zéro émission. Reste à voir si Québec passera enfin de l’intention à l’action. Pour plusieurs, chaque mois perdu compromet un peu plus les cibles climatiques… mais aussi la compétitivité d’une filière québécoise en pleine émergence. Source : Transport Routier
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